Dans les archives du Château

Au XVIIIè siècle

Vers 1750, La Nerthe est un domaine de 50 hectares dont une partie est en vignes, et une ébauche du château actuel se dresse depuis 1736.

Les vin de la Nerthe s'apprécie dès 1772 à Rome, Londres, à Moscou, en Amérique (Boston Philadelphie), en Angleterre, en Allemagne, en Italie et en Espagne.

En 1784, La Nerthe est déjà mis en bouteille à la propriété ! A cette époque, le Marquis de Tulle de Villefranche, propriétaire de la Nerthe, est l’un des personnages à l’origine de la promotion de Châteauneuf-du-Pape. Il a déjà un réseau de revendeurs à qui il fait parvenir son vin pour qu’ils le fassent connaître.

 

 

 

 

Au XIXè siècle

En 1860, la description des usages locaux révèle l’éraflage systématique, le foulage et une cuvaison de 15 à 18 jours (pratique toujours en vigueur à la Nerthe). A cette époque, le vin de la Nerthe est décrit ainsi : « Une belle robe, une grande finesse, de la fraîcheur, une saveur légèrement âpre et un bouquet très prononcé ».

Vers 1870, le vignoble est détruit, comme presque tout le vignoble d’Europe, par un puceron, lephylloxéra. Les Tulle de Villefranche vendent la propriété, qui faisait partie des 5 domaines majeurs de Châteauneuf, à un polytechnicien : le commandant Joseph Ducos.

A la fin du 19° siècle, alors que les autres arrachent la vigne pour planter des arbres fruitiers, Joseph Ducos comprend le premier l’avenir du greffage de la vigne sur des portes greffes résistants au Phylloxera. Il reconstitue très vite le vignoble de la Nerthe, qui obtient en 1891, la médaille d’or de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse. D’abord regardé avec étonnement ou dédain par ses voisins, il est ensuite imité avec succès. Il sera cité par le Président LEBRUN comme «l’âme de la reconstitution viticole ». En 1893, le village est appelé Châteauneuf-du-Pape à l’initiative de Joseph DUCOS, alors maire de Châteauneuf. Il sera également député du Vaucluse, président du premier Syndicat Viticole de Châteauneuf, président de la Chambre d’Agriculture de Vaucluse, réalisateur du Canal de Pierrelatte…et poète.

 

 

 

 

Joseph DUCOS, pionnier à Chateauneuf du Pape

Joseph DUCOS mène une intense recherche sur les cépages, allant jusqu’à tester à la Nerthe dix variétés dont il détermine le rôle gustatif dans l’assemblage et les proportions souhaitables : Le grenache et le cinsault pour « la liqueur, la chaleur et le moelleux » : au maximum 20% de l’encépagement ! Cela fait donc plus d’un siècle qu’il est reconnu que le terroir de la Nerthe s’exprime par une proportion modérée de grenache. Mourvèdre, syrah, muscardin et camarèse ou vaccarèse pour « la solidité, la conserve, la fraîcheur et un goût désaltérant » : 40% de l’encépagement. Counoise et picpoul pour « la vinosité, l’agrément, la fraîcheur et le bouquet » : 30%. Clairette et bourboulenc, cépages blancs entrant dans la composition du vin rouge à raison de 10% pour la « finesse, le feu et le brillant ». Tous ces cépages seront repris dans la liste des cépages autorisés par le décret d’Appellation Contrôlée paru un demi siècle plus tard, en 1935 ! Certains (le cinsault, la roussanne, et le camarèse) auraient été introduits dans la région par Joseph Ducos.

 Joseph DUCOS préconisait également de vinifier ensemble différents cépages, ce qui continue à être fait actuellement à la Nerthe.

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